Errances littératoques : l'intégrale

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Errances littératoques : l'intégrale

Message par Yugcib le Jeu 27 Oct - 8:44

I

Ils s'éveillent seuls au milieu de la nuit dans de grands lits défaits, un traversin tordu entre leurs jambes repliées...
Celui ou celle qui dort auprès d'eux a disparu, les volets battent, la tapisserie cloque telle une peau ébouillantée, la lampe sous le plafond se balance et, du grand lit défait, montent  des ondes de suées...
     Ils s'endorment sur des échelles dont les barreaux n'ont plus aucune consistance, et le plafond au dessus d'eux, goutte comme du chocolat blanc fondu...
     Ils peignent à l'aube  sur des draps tendus entre deux lampadaires, d'étranges visages et de grandes lettres déformées... Mais les couleurs se diluent à la lumière du jour se levant, les étranges visages et les grandes lettres se déforment et se meuvent tout au long des draps tendus qui se déchirent...
    Ils funambulent sur des cordes usées, à seulement quelques pieds au dessus du marais...

   Au volant de son énorme camion, le routier domine le paysage, l'autoroute, le ciel, l'horizon lointain, les fermes et les villages... Et brusquement tout se rétrécit, le paysage est aspiré, s'enroule comme de l'eau fuyant en tourbillon par le trou d'une baignoire. Et le trou lui-même se rétrécit.
Lorsque tout réapparaît normalement, pris de vertige, revenu de sa stupeur, le routier aperçoit une jeune femme faisant de l'auto stop sur la bande d'arrêt d'urgence, et des gens autour d'un véhicule accidenté... Et le cercle d'un tonneau, non pas de fer mais en or massif, sur une flaque de sang en forme de main :  c'est l'alliance... que le routier n'a plus à son doigt... Et le routier  demande à la jeune femme “vous n'avez pas vu mon camion?”
   
Ce sont ces certitudes heureuses, ces leurres en robe chic, ces régals fous d'une seule fois ou de toutes les fois que...
Ce sont ces transes du cyclotron, ces évasions du bagne de Pangée et des Marchés, ces poétitudes et ces littératoqueries... Et ces caddies pleins les veilles de fêtes, qui nous font oublier qu'on est faits comme des rats...

II

Pas un pèt d'ammour sur cet' putain d'Téterre !
Et le pire c'est les Souriches qui te trouent le cul encore plus profond que les Ryches... surtout quand la Kryzze leur égratigne le fromtom sous le museau pointu dentu, aux Souriches...
Et l'égal du pire c'est aussi les Gigaryches qui eux, mènent le monde par la Mécanique des Marchés et de la Finance...
Les réseaux du temps de la Fronde avant Louis 14, les Marchands et les Guildes, et les seigneurs et les évêques et les grands propriétaires fonciers de l'Ancien Régime... Tout ça, c'est des « enfants de choeur » en comparaison des Gigaryches du 21 ème siècle...  
Et de tous temps, s'il n'y avait eu autant de Souriches, il n' y aurait pas non plus autant de Gigaryches parce que ce sont les Souriches qui font la puissance et le pouvoir et la fortune des Gigaryches...
Les Souriches, même, sont secondés  par les Pôvres...
Les Pôvres qui, dès que leur bateau prend un peu moins l'eau, se mettent à ramer dans le sillage des rafiots des Souriches...
Ainsi va le monde...
Un bébé qui chie du miel trois matins seulement, vaut moins qu'un bébé qui chie de la purée de pommes de terre trois cents soixante cinq matins, mais le miel se vend mieux que la purée de pommes de terre  et ce ne sont jamais les bébés qui chient du miel, qui manquent !  
Y'a pas un pèt d'ammour sur cet' putain d'Téterre...
Et ça pue le cul et la bite et le fric et la crevette pourrie et les intégrismes ; et les pots de cornichons, de sauces aigres et de mayonnaise éventée de toutes les couleurs...
Même quand la fille est chic et belle et qu'elle sent la feuille de platane d'arrière saison et qu'elle te chatouille d'un joli sourire, tu te fais avoir en beauté !
Et qu'est-ce que ça donnerait encore et encore... Un troisième « m » à « amour » ?

III

Une Grande Surface commerciale à la périphérie d'une grande ville...
Trois heures de l'après midi, une musique d'ambiance langoureuse et tristounette...
Peu d'affluence, des gens qui vont et viennent, mais à cette heure moins nombreux, des femmes surtout...
Six caisses ouvertes sur les douze en tout, avec les deux caisses automatiques, de cette grande surface avec galerie marchande...
C'est l'Avent, et les rayons de chocolaterie, de confiserie, de décorations de Noël, de jouets,   de téléphones portables, de télévisions, d'informatique et d'ordinateurs, de livres, de CD et de DVD... N'ont jamais été aussi garnis, et l'on voit même des piles très hautes, de boîtes de chocolats et de confiseries et de conserves, en forme de pyramides, disposées entre les rayons...
Un type surgit tout à coup, en trombe et venu d'on ne sait où...
Sans le moindre signe de colère sur son visage, sans un mot sans un cri, le plus naturellement du monde, il sort un couteau de sa poche et crève des packs de lait...
Il se dirige ensuite vers les rayons des bouteilles de vins, liqueurs, apéritifs et champagnes, renverse plusieurs bouteilles, s'en saisit d'autres qu'il brise au sol...
Il s'avance vers une pyramide de boîtes de conserve, et se met à lancer les boîtes en tous sens...
En quelques minutes plusieurs rayons sont vidés de leur contenu, tout est cassé, renversé, répandu...
Le type s'enfuit, brisant dans son élan, une porte vitrée...
Et la musique d'ambiance, tristounette et langoureuse s'arrête...
Une nuée d'oiseaux envahit la galerie marchande puis l'intérieur du magasin...
Des milliers d'oiseaux regroupés en formations compactes, qui se posent sur les sacs de croquettes pour chiens et chats, éventrent les sacs et dévorent les croquettes...
Un groupe de moineaux s'attaque aux barquettes de steaks hachés et de côtelettes de porc...
Des pigeons fientent sur les fromages à la coupe...
L'orage qui depuis le matin menaçait, soudain éclate dans toute sa violence...
Panne générale d'électricité...
De grands panneaux arrachés par le vent, volent sur le parking et des voitures sont renversées...
Le type qui s'était enfui, revient dans le magasin et brise à coups de barre à mine les téléviseurs et les chaînes Hi Fi, défonce les machines à laver...
Surgissent des milliers de hannetons et d'un bout à l'autre du magasin se répandent dans l'air ambiant, des fragrances de chien brûlé et de crevettes pourries...
Un car de flics sur ses pneus à plat devant l'entrée béante jonchée d'éclats de verre, empalé sur un menhir-phallus, exulte de tous ses feux clignotants...
Et le type de nouveau enfui, court, à califourchon sur sa barre à mine, poursuivi par un canard sans tête...

IV

Un maître de conférence avale les flèches d'un tir aux pigeons...
Un ingénieur de l'Office National des Forêts marque les pages de ses livres d'art avec des lambeaux de peau arrachés à ses fesses...
Un petit enfant tombé de sa poussette casse ses jouets, brûle le museau de son hamster et dit que le bébé dans le ventre de la copine à sa maman est un con...
Un marchand ambulant vend des montres sans heures et des pipes sans conduit...
Dans une guitoune à frites et à merguez puent des pots ouverts de moutarde verte et volent des nuées de moucherons ...
Chez un vendeur de poissons une vieille truite pakistanaise gigote dans un aquarium néo-zélandais...
De drôles de drames dansent dans des bouteilles qui n'iront jamais à la mer...
Un rire gras saute comme un bouchon de champagne au plafond et devient larme de beurre tombant sur l'estrade où se tiennent raides et compassés des distributeurs de prix littéraires...
De vieux oeufs et des loulous de poussière et des crottes de souris et des préservatifs usagés fripés et un sachet déchiré de purée en poudre jonchent un canapé abandonné dans une rue où ne demeurent  que des fillettes pieds nus en haillons...  
Un analphabète fort comme un boeuf chez son dentiste se plaint d'une dent qu'il s'est cassée  en mangeant une courgette dans laquelle il y avait un intellectuel caché et déclare avoir avalé un petit morceau de tour eiffel...
Les drôles de drames dans les bouteilles qui n'iront jamais à la mer ne dansent plus...
La truite pakistanaise a changé d'aquarium...
Dans la guitoune à frites ce sont les coccinelles qui ont remplacé les moucherons...
Les montres du marchand ambulant marquent toutes 25 heures moins le quart...
Le bébé qui était si con au dire du petit enfant qui a brûlé le museau de son hamster s'est suicidé  dans le ventre de sa maman avant de naître...


V

Béatement heureux dans le sens d'un bien être purement animal, tel par exemple un bovin ruminant aux gros yeux globuleux et inexpressifs, regardant passer des trains, indifférent aux averses qui se préparent et aux changements du ciel...
Béatement heureux dans le sens du bien être tout aussi purement animal, d'un humain le dimanche après midi vautré sur son canapé et regardant une série télévisée de TF1...
Et toutes ces forces vives comprimées, ou éclatées ou pulvérisées ou broyées à l'intérieur d'un container soudainement rétréci et devenu un dé à coudre...
Un long dimanche d'hiver en rupture de contrat d'épousailles forcées, épousailles  commençant toujours le lundi matin à l'heure de la réunion dans le bureau du manager...  

Comme sur des îles très petites les gens sont des arbustes en buissons et  allongent leurs branches ou leurs ramures qu'ils entremêlent...
Et entre les îles si proches les unes des autres, sont des passes de profondeur immense jamais traversées...

La porte est seulement entrebaillée : tu restes sur le paillasson... Et le chien aboie...


VI

Cadavre en putréfaction d'un actionnaire de fonds de pension Américain sur un tas de claviers déglingués d'ordinateurs...
Vieux milliardaire cul-de-jatte en barboteuse, empalé sur un phallus d'orge mouillé de salive par une horde de miss...
Cervelle fossilisée de dinosaure lilliputien au fond de la sacoche d'un géologue Atlante momifié...
Foetus étranglé dans une boîte de cassoulet obstruant la cuvette des WC d'un train de banlieue...
Poubelles renversées vomissant des têtes de chat et des calculatrices de poche  dans le couloir des cuisines d'un lycée mandarin...
Un fil de fer tordu et rouillé dans la boue d'un pré, quelques poteaux de ciment brisés, une hirondelle foudroyée, une moitié de savonnette, un ballon crevé, un nounours guillotiné...
Et cette poule affolée qui traverse le chemin et bute dans le grillage de la clôture...
Cadavre, cervelle, poubelle, cocote déplumée.. Tout cela sous un ciel qui pue...
Dans les draps froissés que l'étreinte animale a souillés, le sommeil s'est vidé de tous les mauvais poèmes qui se balançaient déssechés et pourrissants, accrochés à la barre tout en haut de la Tour des Pendus...
Et gisaient entre les plis des draps, les foetus têtes d'épingle des rêves pervers, les croûtes cloquées des souvenirs...


VII

Slip sale
Bec qui pue
Robe tachée de sperme
Mouche bleue dans le pli d'un foulard
Frayeurs suspectes
Ver de dent
Punaise calcinée
Bout de langue sur le chancre d'une verge
Viande qui tremble sous l'averse de grêle
Vinaigre de cornichon
Moutarde au sang noir
Mayonnaise éventée
Aigreurs qui régalent
Joies éclaboussées sur un tapis de danse
Pucerons vrombissant
Neuf écrit sur un oeuf d'oie
Long râle un dix-sept après midi les volets clos
Petite craie bleue empanachée de foutre de verrat crissant  sur le tableau blanc
Jupe fendue sur le galbe d'une jambe écorchée
Pied dans une bassine emplie de plâtre effrité
Visage quiqueté léché violé pétri mordu
Rancoeurs béates ou souveraines s'écoulant toutes froides de la louche ébréchée
Quatre queues croisées à travers la déchirure d'une écharpe de jeune femme
Cirque effondré sur la place du bourg jonchée de toitures éclatées
Rires gras aux haleines brûlantes de fours béants empuantis de résidus de grillades
Mouchoirs  durs et secs de crasses et de jutes
Père Noël lubrique exhibitionniste ouvrant refermant sa houppelande
Têtes encapuchonnées
Visages pailletés
Coulures
Zobs jectifs
Fêtes pétées
Pff't
Allo
Bip Bip Bip...


VIII

Des vaches naines
Des oies rouges
Des canards bec de louche
Des coccinelles bleues
Des humains à quatre pieds
Des cochons éléphantins
Les vaches parce qu'elles sont naines
Les oies parce qu'elles sont rouges
Les canards parce qu'ils ont des becs de louche
Les coccinelles parce qu'elles sont bleues
Les humains parce qu'ils ont quatre pieds
Les cochons parce qu'ils sont éléphantins...
Tous, oui, tous menés au champ de foire
Au bâton, à la trompette, en char à âne ou en turbomobile...
uront-uls au Paradu ?
Ce Paradu où toute la Crémation veut aller même les moutons cannibales ?
Avec chacun son fruc, sa gouale
Et son  Égot charpenté en cathédrale et lourd de viande molle
Et si...
Pas le Paradu ?
Et si...
L'Enfore plutôt ?
L'Enfore où vont les Ulumunus
Les vaches éléphantines
Les oies bleues
Les canards bec de bite
Les coccinelles vertes
Les humains à quatre mains
Les cochons nains

Le Paradu
L'Enfore
Ou le Chatôt...
Oui, peut-être en définitive
Le Chatôt
Le Chatôt sans Chatelin sans ascenseur sans bals masqués ni visages caramélisés
Le Chatôt plutôt que le Paradu
Et le Procet plutôt que l'Enfore...
Le Procet dans la grande salle du Chatôt...  
Le Procet sans Zuse sans couloirs sans verdique et sans gellule- de- roche- avec- juste- un- petit- trou pour laisser passer la poudre...
Le Procet d'une désespérante éternité et dans un abîme de solitude cosmique, se déroulant comme un tapis de feu, sans témoins,  dans la grande salle du Chatôt...    
Les vaches ne devaient pas être naines
Ni les oies, rouges
Ni les canards, bec de louche
Ni les coccinelles, bleues
Ni les humains, à quatre pieds
Ni les cochons, éléphantins...
Toute la Crémation ne devait qu'être feu puis poussière puis olive de roche puis de nouveau feu, poussière et olive de roche...




IX

Le baudet boîteux, récalcitrant et au pelage ras couturé de cicatrices vertes, piétinait les petits anchois sacrés, s'enduisant les sabots de vinaigrette éventée dans la traversée du grand étang gelé.  
Il avançait lentement, le baudet, suivi par trois grosses sauterelles mutantes, dont les flancs des ventres fuselages battaient tels des coeurs de pieuvre.
La maréchaussée en bottes de satin rose, fulminait de ces ruées de baudets surgis d'un paysage battu par des vents de plumes roulant dans des tourbillons de poussières d'alumine des croisillons torsadés arrachés aux arches des ponts de bois de la ville tout en haut des monts.
Putrécanti lavatory vécé cireur les p'tites mômes levant haut de grosses et longues carottes insultant les Kolporters du Grand Bazar investi mais inconquis...
Putrécanti la mouche en broche dans le petit étron séché d'une baleine naine échouée sur la plage des scooters enflammés.
Il n' y a pas de kiki heureux ni de mansuétudes autrement que caramélisées avec des pièces d'un euro pour les fentes des Grands Dadas... no/no non pas de Grands Dadas qui trémoussent les rombiers les rombières plus de 2 minutes avec déclenchement de la photo souvenir pour face-de-bouk.
Les vaisseaux pompiers et les forteresses de moutarde rouge juchées telles des buses empaillées sur des bouts ovales de poteaux de verre pilé, soutenus mordicus fanaticus par des hordes de séminaristes chevelus saladus, les uns venus de grands océans aux flots épais comme de la confiture, les autres bâties à la hâte en os de buses et en cordons noueux de moutarde durcie... Les vaisseaux pompiers et les forteresses de moutarde rouge, avec leurs armées de funambules aux javelots tire-bouchonnants et leurs escadrons de rapaces coccinelles aux cuirasses graisseuses, ne parvenaient pas à hégémonier sur le Grand Jardin en mille îlots dispersés sur l' océan du Milieu aux flots épais comme de la confiture.
Et ces gros vers blancs à têtes poilues qui se tortillent dans la mayonnaise, jutant et déféquant dans un délire obsessionnel tout caricaturant dans une insolation féroce  alors qu'aussi étrange que cela soit, aucun rayon de soleil ne fuse de la longue et épaisse nuée fiente de pigeon empourprant les cieux scéléraux aux traînées violacées !
Juché, bandant et pouffant, le Korbo sur sa turbolette à gaz, faisait éclater trois pneus à l'heure en dérapages incessants sur la place du village pendant que des hordes de rats noirs à courte queue escaladaient l'enceinte en ciment de la fontaine à eau.
L'on avait rempli le bassin de petites truites que des touristes descendus d'un grand autobus, essayaient d'attraper dans leurs doigts afin de les jeter aux rats noirs qui, tels des ragondins familiers, grimpaient le long du pantalon de quelques touristes encasquettés arborant des maillots avec écrit dessus "je suis amazoon" !
Niqués/niqués, férocement et progondément niqués, les putrécanti et les aligators de kermesse, les rondouillards aux bourses pétillantes, les enculatory vécé cireurs,  les animalcules et les humanuscules  se bousculant pour entrer dans le Grand Jardin, et les gros Krokos au poitrail endiamanté et aux fesses écussonnées, enfin empuantis dans leurs outrageants fortins par les gaz délétères de péteurs encapuchonnés, et bombardés de gros hannetons allumeurs de feu.
Niqués jusqu' en dessous de l'os de leur cul , le grand fotou originaire de Toktoutou, le berger truand  des baudets indociles spoliés sans qu'ils le sachent, les Grands Gouroux des évéchés de la Sauce -y était de tous les Kons qu'sont en Sion et de la Pansaie Iniaque...
Niqués emmouscaillés pissés au nombril, les Kuvéreux, les Deuvinci, les Véoliots, les Kamenberdantresonge, les Paradufiaskots, les Nulliardères, les Konventionots, les Pufrikantis, les Néocides et les Véhachelles...





X

De petits perturbateurs incongrus encore vulnérables parce que toujours banderillés dans les arènes officielles ainsi que des assermentés tourmentés violentés, commencèrent à infester de ci de là, en microbulles désacadémiques, le Grand Gruau qui ne cessait de se prévaloir de ses orangettes mayonnaisées corniflardisées, tout festonné qu'il était, le Grand Gruau, de ces pépins briseurs de dents déjà cariées n'osant pas se montrer dans les sourires de peur de déplaire,  lesquels pépins d'ailleurs, dans la moulinette du Gavoir à hélices, se concentraient autour d'une humeur montée en chou fleur...
Kuvéritu, absoluticonstructi, décalcopurulan, ennemu de puchiqueries, pète-devan-le-frigo-qui-baille, les panars dans la mouscaille enfumée du pré à pipi sous la vache, voilà-t-il pas que les Assermentés les uns après les autres sans forcément mûre réflexion, s'expanachèrent en excroissances aussi trompeuses que porteuses de verres à thé, de la surface irisée du Grand Gruau. Et que les petits  perturbateurs incongrus se mirent à soulever le couvercle de théières harnachées de nuages de gruau en forme de plumes au cul de bonnes femmes à poil le soir de la Saint Sylvestre, afin d'y jeter dedans, dans la théière, des crottes de souris blanchies au sel de Guérande...
Et s'époumonèrent et éructèrent et avancèrent des hordes de mâtins aux colliers à pointes en face de tous ces Assermentés qui se désassermentaient à vrai dire, en face de tous ces perturbateurs  incongrus qui avaient réussi à arracher leurs banderilles, et s'ouvrit dans la Grande Crique le Grand Cirque ; et dès le premier entracte de la représentation, les scorpiaux et leurs maréchauds ayant égorgé vingt oies noires et douze porcelets café au lait et tordu le cou à cinquante tourterelles prédéplumées à cause de leur fiente en porcelaine fondue pour les vingt oies, de leurs pieds jugés trop fourchus pour les douze porcelets, et de leurs becs jugés trop d'aigle pour les cinquante tourterelles... Sans que tout cela ne fasse le moindre effet sur une assistance démotivée ; dès le premier entracte donc,  les scorpiaux et leurs maréchauds déconfits, entrevirent, subodorèrent ce que serait le deuxième entracte... Mais ils n'avaient point prévu, les scorpios et leurs maréchauds, que les hordes de mâtins aux colliers à pointes se retourneraient contre eux pour les mordre au mollet voire leur arracher la peau de leurs fesses...
Et comme en Quarant'yout la Grande Bastide flanquée de toutes ses dépendances et engrangements et galeries marchandes, prise d'assaut par les Désassermentés et les Incongruques et les ennemus de puchiqueries...  La grande bastide en carton pâte enduite de pâte de fer, fut en représentation au troisième entracte du Grand Cirque, telle un grand gâteau de bourricot-à-versaire renversé effondré...
Lou Boun' Diouh, du Oduciel, bénissait le spectacle, sa Bondiette de trente  ans sa cadette sur les genoux...
Halt'là, Bon' Diouh, tu vas pas recommencer avec un autre Sounouma qui nous pourrira autant la vie que durant les deux mille cent quarante six ans de l'ère des Poissons !

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Re: Errances littératoques : l'intégrale

Message par Frénégonde le Jeu 27 Oct - 20:32

Très chouette cette nouvelle rubrique !
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