Le petiot, histoire yugcibienne non aseptisée

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Le petiot, histoire yugcibienne non aseptisée

Message par Yugcib le Mar 2 Fév - 13:27

Il a sept ans ce dimanche, le petiot...
Sept ans... En fait il en paraît treize, le petiot...
Il sait déja tout... Enfin... comme on peut “tout savoir” à l'école de la rue ou dans les grandes classes de la Maternelle... La Télé, les potes, la “shoote”, les filles, les combines et les petits trucs... la vie quoi !
Il a sept ans ce dimanche, le petiot...
Et en ce jour si beau, beau et chic comme une robe de maman, en ce jour doré tout empli des fragrances de toutes les feuilles à moitié mortes de l'automne... L'on a fait venir toute la famille à la maison pour un grand déjeûner dans le grand salon... Et l'on a mis les grandes rallonges à la table.
Papa en costume, Maman dans sa robe chic, Mamy dans son tailleur de trente ans de mariage, Papé dans sa belle salopette de saltimbanque (Papé est un artiste), les grand'tantes engoncées dans leurs vestes étroitement boutonnées, Petite Mémé dans son éternel grand tablier noir fraîchement repassé, le Vieux Pépé dans sa veste de velours noir à grosses cotes (il a pris son accordéon), Tonton en knickers et bottes de cuir et de larges bretelles sur sa chemise... Et Tatie, la jeune et affriolante Tatie, la nouvelle amie de Tonton en ensemble pantalonant...
On n'a pas fait venir les petites cousines (les filles de Tonton)... Elles sont en fin de carrière de rougeole et toussent encore, et c'est Ursuline, la voisine de palier de l'HLM de Tonton, qui les garde... et leur fera des crêpes...
Ah les petites cousines ! Le petiot, une fois, il les a troussées dans la cave !
La Tatie en ensemble pantalonant, elle a peut-être un joli visage et des fesses qui tournicotent... mais qu'est-ce qu'elle est tarte !
Au gâteau bien plantureux, architecturé comme une tour de Babel, rutilant de crème rose et toge d'évêque, surmonté de sept bougies bleues... Le petiot a soufflé très fort... Mais ce sont les yeux de sa maman qui ont donné de l'élan à son souffle... Jamais, jamais, il ne lui avait vu ces yeux là, à sa maman... C'étaient des yeux qui balayaient d'un seul coup toutes les sciences des potes, de la Télé et de l'école de la rue...Et ça faisait un bien fou, une fulgurance...
Elle portait une très jolie robe,très bien coupée, maman...
Au gâteau, il n'avait plus faim, le petiot... C'est que... après trois fois du rôti et des frites...
À la cantine il donnait toujours sa part de gâteau à l'un de ses camarades. Mais il brandissait une pancarte “rabiot” quand venait le plat de petits pois ou de patates ou de pâtes ou de carottes...
Au gâteau, une fois soufflé les bougies, il disparut sous la table, le petiot...
Et personne ne s'inquiéta désormais de ce qu'il fit, le petiot, sous la table...
Il se sentait un peu flou, le petiot...
Et toutes ces grandes personnes qui discutaient sport, politique, actualités, événements de la ville...
Par moments, de grands éclats de rire...
Des rires qui ne le faisaient pas du tout rire, le petiot...
C'était bien, sous la table, tout de même !
Il lui vint un souvenir...
Il avait trois ans passés... Papa et Maman suivaient à la télé une émission de variétés... Il était assis en tailleur en face d'un vieux train déglingué aux gros wagons cabossés et aux rails disjoints... C'était du plancher à l'époque, dans le salon...
Il venait de faire pipi dans sa culotte et à portée de ses bras, il y avait un tas de vieux journaux... Il avait froissé les feuilles de papier journal et épongé tout autour de lui, le pipi répandu en étalant les feuilles mouillées jusqu'au plus loin possible... ça lui avait beaucoup plu... il en avait eu le zizi tout dur... À l'école maternelle, Mario son copain lui avait raconté que les grands quand leur zizi devenait dur, ça faisait du lait qui sentait une drôle d'odeur...
Il avait fait pipi dans sa culotte, tout doucement, comme s'il essayait de se retenir mais que ça coulait quand même...
Alors que les rires caracolaient au dessus, d'un bout à l'autre de la table, et que Tonton racontait une histoire salée en faisant sa grosse voix... Il vit, le petiot, devant lui, tout près, vraiment tout près... les jambes de sa maman, croisées, si belles, si belles... et nues...  jusqu'aux genoux où s'arrêtait la robe...
Il se sentit envahi d'un bien être fou...
Quand il se “touchait le pipi” les matins où il restait au lit jusqu'à dix heures, ça lui faisait du bien... Mais pas à ce point là, comme ce dimanche après midi sous la table, près des jambes de maman...
Il n'avait même plus besoin de se toucher... Il en suffoquait, il en râlait... Et très vite – mais vite comme  dans un grand train express lancé à toute allure mais où, de la vitre du compartiment le paysage ne défile plus du tout – son zizi aussi dur qu'une barre à mine se mit à tressauter, une fois, deux fois, trois fois, quatre fois, cinq fois... dans sa culotte...
C'était comme si le zizi avait traversé la culotte, s'était dressé jusqu'aux genoux de maman, et doucement frotté du bout, au bord de la robe...

    Personne n'a jamais, jamais su... Maman, à ce moment là, riait si fort, à cent lieues de pensée de son petiot !
Et le petiot, il a plus jamais essayé de trousser ses petites cousines dans la cave ou ailleurs en quelque endroit “défendu”...
Le petiot, “ça”, ça lui est resté...
Le copain Mario il avait dit : “les grands font de la purée, et les vieux quand on leur a gratté le crapaud, ça tressaute à sec comme  aux gosses”...
Ah le petiot !... S'il avait pu faire de la purée, pour ses sept ans ce dimanche, ça aurait traversé la culotte et giclé sur le bord de la robe de maman...
Elle a jamais su, maman...
Petiot, il a fait un coquillage secret rempli de bonbon venu des étoiles, caché entre des planches d'une cabane qu'il ne fait visiter à personne...  
Ah, le petiot, le petiot !
... Et au fait... La petiaude ?
Ah, les vieux, les vieux !
... Et au fait... Les vieillettes ?

    Et pour terminer... Une question :
Pensez vous que je pourrais avoir une prédilection en matière d'habillement féminin, pour les ensembles pantalonants – fussent-ils de la dernière mode, très “in” ou très “tout ce qu'on voudra” ?
Ah ah !

    Pour la “petiaude” j'aurais imaginé une autre histoire... Où cela ne se passait pas sous une table et où le “coup de craque” ne serait point venu du parfum de toilette de Papa ou de la botte du grand frère frappant le ballon de foot... ou encore à la vue de la poitrine velue du prof de gym à l'école...
Non, pas du tout... Rien de tout cela...
Avec la “petiaude” nous serions entré je crois, dans une “autre dimension”... quoiqu'avec l'histoire du “petiot” le dimanche de ses sept ans sous la table familiale... il y eut une dimension...
Cela aurait été dirais-je, quelque peu “Harrypotteréen”... avec la “petiaude”...
    Avec les filles à vrai dire je ne sais pas très bien...
Je sais seulement qu'il y a quelque chose de terriblement pareil... dans une dimension de féminité...
Et c'est dans cette dimension de féminité qui m'est apparue aussi étrange qu'intime, telle qu'un souvenir émouvant et heureux de mon enfance... Que je parviens à décrypter les signes – et la tectonique – de l'être-femme... avec il est vrai, plus ou moins de bonheur...  
   

    Comment c'était, avant la Féminité ? ... S'il y avait eu un avènement de la Féminité ?
Sans doute “oeil pour oeil, dent pour dent”, comme dans l'Ancien Testament (la loi ancienne)...
Mais la Féminité en tant que concept purement humain – et donc, appliquée à l'humain – ce n'est jamais que de l'humanité...
Alors, il n'y a pas de “loi nouvelle”...

... Au dessus de la table (au moment de souffler sur les sept bougies) il y avait eu - incontestablement - cette "complicité d'une infinie tendresse" entre le petiot et sa maman... D'où le regard de la maman qui "balayait toutes les sciences de l'école de la rue, des copains, des filles et des petits trucs et combines"... Comme si c'était cela même la "révélation", autrement dit la science, c'est à dire cette infinie tendresse toute emplie de complicité et d'adhésion totale à une manière de penser, de ressentir... et qui nécéssairement devait (a du) impacter toute la sensibilité, toute l'intelligence, tout l'imaginaire du Petiot... lequel Petiot deviendra "grand" avec "ça"...

... Au dessous de la table, il n'y avait plus de regard, plus de visage (de la maman)... Mais il y avait la Féminité même... Bien sûr c'étaient les jambes de maman... des jambes croisées, très jolies, très élégantes et qui faisaient un bien fou, absolument fou, à regarder... au point qu'il advint ce qu'il advint (et que je décris)...
Faut-il rappeler que sous la table, il n'y avait, il ne pouvait y avoir... que ces jambes là! Sûrement pas celles par exemple de l'affriolante Tatie (la nouvelle petite amie de Tonton) en ensemble pantalonant... ou encore celles des grand'tantes ou de la Petite Mémé... qui en aucune façon ne devaient "faire rêver" le Petiot...

... Il y a... Tout ce que l'on peut éprouver (et qui fait un bien fou) pour une femme, un jour...Pour une autre femme, un autre jour... Ou encore (mais c'est plus rare) pour une seule femme dans toute sa vie...
... Il y a... Tout ce que l'on peut éprouver (et qui fait un bien fou)... de la Féminité même... de la Féminité toute entière, c'est à dire de ses fragrances, de ce dont elle se vêt, de ce qu'elle voit, de ce qu'elle respire, de ce qu'elle bat (que ce fût-ce comme le coeur d'un oiseau ou comme le coeur d'un poulpe)... Et il me semble que, outre la peinture et la musique, la littérature est “particulièrement bien placée” pour se “jeter sur une femme, se jeter sur la Féminité”...
Alors, alors... peut-être y-a-t-il quelques marges à franchir... ou quelque bois, ou quelque fossé, ou quelque cloaque même...
Peut-être y-a-t-il quelques foudres de regards, quelques doigts pointés... à devoir supporter...
Pour un amoureux fou de la Féminité...

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