La "poste pététique" d'avant 1991...

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La "poste pététique" d'avant 1991...

Message par Yugcib le Jeu 27 Juil - 11:35

... Les PTT (ancienne dénomination des Postes Téléphone Télégraphe, puis devenue Postes et Télécommunications)... Recrutait alors par concours externe. Il y avait :
-Le concours national de préposé qui offrait en général de 5000 à 6000 postes, niveau certificat d'études ou fin études primaires (ou mieux encore si possible BEPC). La plupart de ces postes à pourvoir se trouvaient en région parisienne et la quasi totalité des reçus à ce concours, se voyaient affectés dans des centres de tri (grandes gares de Paris) où ils effectuaient des "relevages" de lettres sur des "cocotes" (sortes de chariots), divers travaux de manutention de sacs postaux (on appellait "faire des sups" – remplir des sacs supplémentaires autour des batteries de tri )... Ou encore assez souvent, les "préposés" se voyaient affectés dans les transbordements sur les quais en gare ou au départ des camions qui partaient du centre de tri pour aller dans les recettes principales d'arrondissement, dans les bureaux annexes, à l'intérieur de Paris et dans toute la banlieue cinq départements limitrophes.
Tous ces "préposés" au bout de quelques années, quittaient en mutation le centre de tri parisien pour devenir facteurs dans une ville ou un village de province.
Au centre de tri l'on travaillait jour et nuit 24h sur 24 en brigades A et B de jour, C et D de nuit... ou en "brigades spéciales" telles que 6-12 tous les jours, ou 12-20 tous les jours, ou encore 17-24 tous les jours (avec compensation en repos/congé pour les heures effectuées le dimanche et les jours fériés)...
En revanche, au transbordement, là les horaires différaient de jour en jour, de nuit en nuit, de telle sorte que l'on pouvait prendre son servive à 3h du matin comme à 11h ou comme à 20h, enfin à n'importe quelle heure... Parfois même en deux périodes sur 24h... Il n'y avait, en très grande majorité, dans les transbordements, que des préposés, ou des auxiliaires...
Ces concours de préposés qui offraient des 5000, 6000 postes voyaient à chaque fois affluer dans les centres d'examen départementaux, jusqu'à 15000 candidats dans toute la France. Et des étudiants après 10-10,5 de moyenne au bac et deux ans de fac sans succès et même des jeunes qui avaient fait de 3 à 4 ans d'études supérieures, passaient ce concours (ceux là ayant plus de chances que les autres d'être reçus).

-Le concours national d'Agent d'Exploitation des PTT (celui que j'ai passé en novembre 1966) qui offrait en général 1500 places pour quelque 10000 candidats et pour lequel il fallait avoir le niveau BEPC ou mieux encore le niveau Bac si possible pour avoir des chances d'être reçu...
-Le concours de Contrôleur (le grade au dessus d'Agent d'Exploitation) qui lui, n'offrait que de 800 à 1000 places pour tout autant de candidats (10000) et pour lequel il fallait le Bac et même si possible Bac plus 1 ou plus 2...
-Le concours d'inspecteur (le grade au dessus de Contrôleur) qui offrait tout juste 300 ou 400 places, et qui demandait un niveau d'études supérieures au moins Bac plus 2 voire 3 ou 4... Là aussi pour ce concours, les candidats étaient "légion"...
Tous les reçus à ces concours, systématiquement, étaient affectés en Région Parisienne, et devaient attendre leur mutation pour leur province d'origine durant quelques années...
... Une fois entré préposé ou agent d'exploitation il y avait la possibilité moyennent 2 ans d'ancienneté et une notation "au choix" (notation "normale"), de passer le concours interne d'accès au grade supérieur... C'est ce que j'ai fait en tant qu'agent d'exploitation pour passer contrôleur en 1978 alors que j'avais quitté le centre de tri du PLM pour le bureau de poste de Bruyères dans les Vosges...
... A l'époque, pour passer, avoir des chances de passer à l'un ou l'autre de ces concours, il fallait être "très bon" en composition française, en grammaire orthographe et explication de texte, plus encore en ces épreuves là, de Français, qu'en mathématiques ou arithmétique...
Il arrivait que même pour des concours de préposé ou d'agent d'exploitation, des jeunes niveau Bac plus 2 pourtant, échouaient à cause de l'une ou l'autre des épreuves de Français.
L'on aurait pensé que tous ces reçus, préposés, agents d'exploitation, contrôleurs... du fait qu'ils avaient réussi en Français, étaient tous d'un niveau culturel "au dessus de la moyenne"... Je me suis aperçu en définitive, et cela dès mes premiers mois en été 1967 dans les Ambulants et dans les services de tri du PLM, que l'ambiance générale -sauf exceptions- n'était pas "follichonne" en matière de relation, de conversation échange idées et culture, en ce sens que les rapports étaient souvent brutaux, et que régnait la vulgarité, l'intérêt personnel (ça causait de sexe, de putes, de foot, de PD, de bagnoles, assez souvent)...

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