L'été 1967 à Paris...

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L'été 1967 à Paris...

Message par Yugcib le Lun 17 Juil - 10:05

Le dimanche 16 juillet 1967, "mamy", ma grand mère maternelle, me conduisit dans sa 4L en gare de Dax, depuis Tartas, pour un départ en train express de nuit vers Paris Austerlitz. Le train devait partir de Dax à 19h 45, un train avec des wagons verts et des clous autour des fenêtres tels qu'on en pouvait voir dans les années 40 de la seconde guerre mondiale, un train express tracté par une locomotive électrique modèle 1955, et qui s'arrêtait partout : Morcenx, Ichoux, Facture ; arrivant à Bordeaux Saint Jean à 21h 30, puis, repartant de Bordeaux à 22h 35, s'arrêtant à Libourne, Coutras, Angoulême, Poitiers, Tours Saint Pierre des corps, Blois, Orléans, Etampes et enfin arrivant à Paris gare d'Austerlitz à 6h 13, le lundi 17 juillet...
J'étais doté d'un billet de seconde classe (huit voyageurs dans le compartiment, sur des banquettes très dures et très inconfortables), un billet de transport fourni par l'administration des PTT.
Reçu à un concours national d'Agent d'Exploitation des PTT, que j'avais passé le 17 novembre 1966 à Mont de Marsan, et dont j'avais eu le résultat le 30 mars 1967 (rang 293 sur 1500 reçus) l'on m'avait déjà communiqué ma nomination pour le 27 avril étant donné que je faisais partie du premier contigent de 300 des reçus. Mais j'avais, sur le conseil de ma mère et de ma grand mère, obtenu un sursis afin de terminer mon année scolaire (je redoublais alors une classe de première dans une série C au lycée Victor Duruy de Mont de Marsan). Je dois dire que je ne profitai guère de ce sursis, puisque, assuré que je l'étais de mon avenir, je ne fis aucun effort pour améliorer mes notes de compositions trimestrielles (cependant j'avais tout de même 15 en Français au 3ème trimestre)...
Le 17 novembre 1966 dans la salle du concours la première épreuve était celle de Français et nous eûmes pour sujet "On ne s'égare jamais si loin que lorsque l'on croit connaître la route"... Il faut croire que ce sujet m'inspira fort vu le résultat que j'obtins (classé nationalement 293 sur 1500, et 3 sur le département des Landes) et que dans les autres épreuves celle de grammaire orthographe explication de texte, et mathématiques, géographie... selon mes souvenirs, je m'en sortis très bien réussissant notament la résolution des deux problèmes d'arithmétique)...
Ce dimanche 16 juillet 1967 ma grand mère décida le départ pour Dax vers 4h et demi de l'après midi et ce fut "toute une affaire d'état" pour caser sur la banquette arrière de la 4L, l'énorme, énorme valise pesant bien ses 50 kg, dans laquelle j'aurais pu tenit tout entier les jambes repliées.
Nous arrivâmes à la gare de Dax vers 5h et demi, il faisait depuis plusieurs jours déjà, "une chaleur à crever", plus de 35 degrés à l'ombre, sous un ciel bleu sans aucun nuage...
La veille de ce dimanche 16 juillet, c'était le premier soir de la fête de Tartas, j'avais 19 ans et je faisais partie de cette bande de jeunes "festayres" que l'on appelle les "bandas" se réunissant au "Bar Landais" et tous volontaires dans les arènes pour aller essayer d'attraper la cocarde (une fleur rouge en papier crépon) entre les cornes de la vache. A deux doigts que je fus d'arracher la cocarde (je ne me saisis que de la ficelle) je ratai donc la prime de 50 francs offerte par les commerçants de Tartas, et "la vache au cul" je me précipitai à toute vitesse derrière la talanquère, mais je me déchirai le coude assez vilainement (j'en ai encore la cicatrice 50 ans plus tard)... Je rentrai à la maison en piteux état, fin saôul, vers 4h du matin... "Mamy" n'avait pas dormi de la nuit et attendait mon retour mais elle ne me fit aucune réflexion et je me couchai puis me relevai avant 10h du matin, encore "bien sonné"...
Il fallut, en gare de Dax, faire enregistrer ma grosse valise pour son transport en wagon de bagages car vu son poids et son volume, il était hors de question de la caser dans le compartiment ou dans le couloir.
Le train partit à l'heure juste, 19h 45... J'avais autour de mon coude gauche, un énorme pansement et je ne pouvais compter que sur mon bras droit valide. Que fut et me parut longue cette mémorable nuit du 16 au 17 juillet 1967, durant laquelle je ne pus un seul instant fermer l'oeil, nous étions huit dans le compartiment, pas moyen d'aller dans le couloir où stationnaient des gens debout, incorfortablement assis sur cette banquette si dure, incommodé que je l'étais par des odeurs de sueur, de pieds, de boustifaille enveloppée de papier gras, sans aération, dans une chaleur moite, étouffante... Et tous ces arrêts, à chaque fois d'au moins 10 minutes dont plus d'une heure en gare de Bordeaux... Je n'en voyais pas la fin, de ce voyage...  
Le train arriva en gare d'Austerlitz à l'heure pile prévue : 6h 13. Comme nous étions encore (jusqu'en 1976) en heure légale à GMT plus 1, il faisait donc grand jour à 6h 13 avec le soleil au dessus de l'horizon. Après avoir pris un copieux petit déjeûner au buffet de la gare, je laissai en consigne mon énorme valise, et me rendis, ma "feuille de route" à la main, en métro, au 7 rue du Charolais (l'adresse du centre de tri postal PLM de la gare de Lyon). Il était indiqué sur la feuille que je devais me rendre pour 8h 30 au bureau d'ordre du centre de tri situé au premier étage.
Arrivé dans le couloir en face du bureau d'ordre, je vis -sans surprise je m'y attendais- une vingtaine de jeunes gens de mon âge qui comme moi, venaient tous chacun, de leurs différentes provinces de France, en général du "Midi" ou du "Sud Ouest" et avaient fait le voyage en train toute la nuit. Nous fûmes reçus par le "Grand Directeur" lui-même, du centre de tri, gratifiés par un "discours d'accueil" d'au moins une demi heure – je ne vous donne pas les "détails" de ce discours- (rire)... Ensuite l'agent principal du bureau d'ordre nous remit un document sur lequel était indiqué dans quel foyer d'accueil nous devions pour trois mois maximum, nous installer... Ainsi que notre première affectation pour le lendemain matin à 6h en "brigade A" de jour (6h – 12h) mardi 18 juillet, au service de la "Ligne" premier étage du centre de tri.
Je vis que l'on m'avait affecté au foyer d'accueil du Landy, situé dans le 18ème arrondissement à l'autre bout de Paris au Nord... Trois quart d'heure de métro avec 1 changement à "République"... J'allai donc récupérer mon énorme valise de 50 kg à la consigne de la Gare d'Austerlitz, puis je pris le métro pour me rendre à ce foyer du Landy. Je ne vous dis pas, handicapé du bras gauche que j'étais avec mon coude en charpie emmailloté d'un pansement sanguinolent, le mal que j'ai eu à traîner mon énorme valise dans les escaliers, dans les couloirs du métro pendant près d'une heure au milieu d'une foule de gens et dans une chaleur oppressante...
Arrivé au foyer du Landy, l'on m'affecta dans une chambrée de cinq avec toilettes et lavabos douche au fond d'un couloir. "C'était l'enfer" cette chambrée de cinq, où chacun avait des horaires différents : l'un au transbordement un jour à 3h du matin un autre jour à 11h du soir, un autre en nuit C, un autre en nuit D, un autre en jour A ou B... De telle sorte que la première nuit que j'y passai dans cette "piaule", je ne pus fermer l'oeil de la nuit, sans cesse la lumière allumée, du bruit, du désordre... Aussi le lendemain même, après ma première vacation 6h-12h au service de la ligne debout devant un casier de tri à la cadence règlementaire de 500 lettres au quart d'heure, avec une pause d'une demi heure entre 8h 30 et 9h ; je cherchai, non loin du centre de tri, un hôtel au mois... Ma grand mère m'avait avancé 500 francs jusqu'au versement de ma première paye (qui devait être de 756,63 francs par mois versée en espèces -un gros billet de 500 plus 256, 63 en autres billets et monnaie- à la caisse du bureau d'ordre (un guichet devant lequel il fallait faire une queue interminable le jour du versement)...
Je trouvai une chambre située au 6ème étage, mansardée, avec vue sur les toits de zinc et les cheminées, une chambre assez étroite dans laquelle il y avait juste la place du lit, d'un lavabo, d'une chaise, d'une toute petite table et dotée d'un placard mural, à l'hôtel Chaligny, à quelque 300 mètres du centre de tri... (rue de Châlons)... Mais l'on me demandait pour le mois, 250 francs, ce qui représentait le tiers de ma paye et je trouvai "très cher" cette piaule minuscule du 6ème étage avec vue sur les toits, d'autant plus que ce mois de juillet (et d'Août) 1967, fut particulièrement torride y compris la nuit où j'étouffais en dépit de la fenêtre ouverte...
Les musiques et chansons de la saison résonnaient dans ma tête en permanence : "Night in white satin", ""pour moi la musique"... "C'est ma chanson" (Petula Clark)... "Strangers in the night" et bien d'autres... J'avais par moments un cafard fou, et dans mes heures (demi journées) de liberté, je me rendais toujours au quartier Latin, à Montmartre, dans des cinés à 2 francs la séance...
En brigade de jour, le plus dur c'était "12-20" (on faisait un jour 6-12 le lendemain 12-20 et cela y compris les samedis dimanches et fériés, jours pour lesquels on avait le tiers des heures effectuées en "repos compensateurs" (après mai 68, pour ces heures là du dimanche et jours fériés, on avait obtenu la compensation à 100%)...
Je ne demeurai qu'un seul mois, dans cet hôtel de la rue de Châlons, et trouvai pour 90 francs par mois une "piaule" située au rez de chaussée du "Grand Hôtel Moderne" 161 rue de Charenton (pas très loin non plus du centre de tri) ... Mais avec les toilettes (à la Turque) au fond d'un couloir de l'autre côté de la cour intérieure , et un robinet d'eau pour remplir ma bassine. La sol de la piaule était un carrelage brique crevassé en son milieu, et je disposais d'un réchaud en fonte tout noir modèle fin 19 ème siècle alimenté au gaz de ville (le cordon était sale et graisseux)... Le lit était un lit de camp de l'armée, avec un matelas de crin, une couverture trouée en deux endroits, un oreiller très dur, des draps bruns et rèches... Et il y avait une chaise bancale... Bien sûr, pas de chauffage et lorsque l'hiver arriva assez tôt dès début novembre cette année là, l'eau du robinet gelait, ainsi que l'eau dans ma cuvette...
Dans le courant du mois d'octobre, demeurant encore au "Grand Hôtel Moderne" 161 rue de Charenton, ma marraine de Bordeaux, une femme très chic très classe et très gentille, était venue me rendre visite et je revois encore son joli petit visage absolument désolé, ses yeux qui tournoyaient vers le réchaud, vers le lit, vers le carrelage, assise à côté de moi, enveloppée d'un manteau d'une coupe si élégante sur une robe tout aussi élégante, ses jolies jambes croisées... Elle fit dans les jours qui suivirent, dans une lettre détaillée, une description "réaliste" de l'endroit où je vivais, à ma grand mère qui s'empressa à son tour de transmettre la description à ma mère... Et je reçus une lettre de ma grand mère me priant de rechercher une chambre un peu plus confortable... Ce que je fis, trouvant pour cette fois, 150 francs par mois, une chambre "convenable" située au 4ème étage de l'Hôtel Moderne 11 rue Claude Tiller (métro "Reuilly Diderot") à mi chemin entre le bois de Vincennes et la Gare de Lyon... Je pouvais en peu de temps, me rendre à pied au centre de tri, depuis la rue Claude Tiller, mais très vite j'achetai un vélo, au marché aux puces de Saint Ouen Porte de Clignancourt...
Je devais demeurer deux années (de fin novembre 1967 juqu'au 31 décembre 1969) à cette adresse 11 rue Claude Tiller. Je prenais souvent mon petit déjeûner au bistrot "Le Diderot" à côté de l'entrée du métro : le midi et le soir je prenais mes repas à la cantine du PLM où un repas avec ristourne coûtait 2 francs 20, et je faisais laver mon linge (sans repassage) dans une blanchisserie à proximité, pour 7 francs le kilo (repassé c'était 9 francs mais je ne faisais pas cette dépense)... A cette époque, avant mai 68, un repas ordinaire menu ouvrier du jour, revenait à 7 francs sans le café et sans pinard... Un repas "un peu plus typique ou gastronomique" coûtait dans les 11, 13 francs parfois jusqu'à des 22...
Après mai 68, ma paye augmenta d'un seul coup de 150 francs, portée à un peu plus de 900 francs, auxquels j'ajoutai les heures de nuit, les frais de déplacement pour la période que je fis dans les "Ambulants" (wagon poste), plus encore parfois les "califs" (heures supplémentaires)... De telle sorte que je parvins à faire quelques économies que je plaçai sur un livret d'épargne... Entre temps, les PTT avaient opté pour le paiement des salaires, au versement automatique sur un CCP (compte courant postal)... Mais cette période de "vaches grasses" ne dura guère du fait d'une inflation galopante et de la montée des prix en général...

... A SUIVRE...

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L'été 1967 à Paris, suite...

Message par Yugcib le Lun 17 Juil - 17:22

... La brigade A de jour dans laquelle je débutais le mardi 18 juillet 1967 au centre de tri postal PLM, de 6h à 12h un jour et de 12h à 20h le lendemain, ne me convenait absolument pas et à peine quinze jours après mon arrivée je vis, affiché au bureau d'ordre, un avis sur lequel figurait une demande de volontaires acceptant d'effectuer des remplacements sur les lignes d'ambulants. J'entrai aussitôt dans le bureau d'ordre et fis une demande qui fut immédiatement acceptée. Cependant, l'agent principal du bureau d'ordre me précisa que pour moi, cela ne serait guère très différent du travail que je faisais en bureau gare : "vous savez, on va en priorité vous affecter sur des postes de trieur du train poste, et justement le train poste n'est rien d'autre qu'un PLM ambulant"... C'est effectivement ce qui se passa, je fis donc mes trois premiers "voyages" (aller/retour 2 nuits consécutives) dans le train poste qui était une véritable "usine", à destination de Lyon. Le train ne partait de la gare de Lyon à Paris, que vers 22h 30 et nous prenions notre service à 19h dans une équipe où l'on était sept (parfois 2 de plus en "période de bourre", avec un chef (un CTDIV -soit un contrôleur divisionnaire -ou un jeune inspecteur)... Mais le train poste comportait quatre wagons PTT, plus deux autres wagons de sacs postaux dont la plupart contenaient des colis. Le travail y était bien plus fatiguant, bien plus pénible qu'en bureau gare au service de la Ligne ou des Passe-Paris, d'autant plus qu'il fallait aussi trier des paquets, manipuler des sacs postaux pesant plus de trente kilos, respirer énormément de poussière, supporter le bruit, les secousses et la dureté qu'il y avait dans la relation avec les collègues, presque tous des gens de 30/40 ans, mariés ou célibataires endurcis, assez violents, buveurs de bière et de ricard, et qui menaient la vie très dure aux "petits jeunes"... Pour être "bien vu" il fallait apporter une bouteille d'un litre de pastis ou de ricard, bouteille qui en fin de vacation, était vidée, à 7 ou 8 que nous étions dans le wagon. Les mariés, ils avaient tous des maîtresses à Lyon, à Pontarlier, à Annecy, à Aix les Bains... En "bout de ligne" pour la journée de repos avant la "remonte" de la deuxième nuit, les remplaçants (dont j'étais l'un d'eux) pouvaient dormir dans la chambrée de 3 ou 4 occupants... Mais je préférais dormir dans le wagon poste sur un tas de sacs vides repliés...
En gare de Dijon vers 2h du matin se faisait tout le transbordement des sacs pour Dijon et le département de la côte d'or et nous recevions autant de sacs pour Lyon et le département du Rhône. Une opération exténuante et qui durait bien une bonne heure de temps. Enfin le train arrivait en gare de Lyon Perrache à 4h... Nous nous précipitions au buffet de la gare pour prendre un copieux petit déjeuner (et finir la bouteille de ricard sinon chacun encore payer une tournée de vin blanc ou de bière)...
La deuxième nuit du retour ne commençait dans le wagon postal qu'au moment du départ du train à 22h 30... De ce fait, chaque 2 aller/retour, nous étions dans l'obligation en fin de journée en bout de ligne, de "faire le cheval" c'est à dire d'effectuer un service de tri dans un autre wagon de poste entre 17h et 21h aller retour entre Lyon et Grenoble ou Annecy. Le jour où on "faisait le cheval" c'était "tuant" de fatigue!
La nuit de retour, en principe, entre Lyon et Paris, était "un peu moins fatigante" si l'on peut dire, et nous arrivions à Paris vers 5h du matin (avec aussi le transbordement en gare de Dijon pour recevoir les sacs postaux pour Paris et la banlieue)...
Suivaient les deux nuits de repos avec la grande journée entre, toute entière : il nous fallait bien ça (sauf quand on posait des "combines" c'est à dire se faire remplacer les 2 nuits pour être en congé plus longtemps et donc, remplacer les copains de l'autre brigade)...
A la mi Août, je fus affecté tour à tour jusque fin septembre sur d'autres lignes telles que Pontarlier, Chambéry, Annecy, Aix les Bains, et là, ce n'était plus du tout la même "ambiance" que dans le train poste (beaucoup plus "cool" ou "familial" si l'on peut dire) et moins fatiguant...
Dans ces villes lors de la journée "entre", je me promenais, j'allais dans la nature, je profitais des beaux paysages et j'allais dans des restaurants routiers où l'on mangeait des bonnes choses du pays... Cela me convenait tout à fait...
Mais fin septembre, la saison des congés ( celle des prioritaires) se terminait et je dus réintégrer le bureau gare, cette fois en "nuit C" au service du "transit national" (tri des paquets pour toute la France)...

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Re: L'été 1967 à Paris...

Message par Frénégonde le Jeu 20 Juil - 10:01

J'aime beaucoup tes récits qui permettent de mieux te connaître et de partager ainsi certains moments marquants de ta vie.
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Cinquante années plus tard en 2017...

Message par Yugcib le Ven 21 Juil - 10:05

Déjà une évidence s'impose : en ces années là, 1967/1976, où j'ai travaillé au centre de tri postal PLM :
-Dans les Ambulants en été 1967
-Au Transit National (tri des colis), de novembre 1967 à décembre 1969
-A l'Avion (tri de l'Union Française), de décembre 1969 à juillet 1976
-Et, occasionnellement, à la Ligne, aux Passe Paris, à la Seine et Marne
... Mes collègues étaient pour la plupart d'entre eux, de deux générations différentes en gros espacées de 15/20 ans : ma génération (celle des 20/30) et la génération des anciens (celle des 40/50)...
Un "simple calcul" : les 20/30 d'alors (1967/1976) ils ont aujourd'hui en 2017, en moyenne de 65 à 75 ans... Et les 40/50 d'alors, ils ont aujourd'hui en 2017, en moyenne de 85 à 95 ans...
A l'époque où je travaillais en "nuit C" dans les services que j'ai mentionnés plus haut, l'on disait (ça m'effrayait) "quand on a fait 15 ans de nuit dans un centre de tri, et à plus forte raison dans les Ambulants et dans les services les plus bruyants et poussiéreux (transit par exemple ou Transbordement), rares, très rares sont ceux qui dépassent l'âge de 67 ans"...
Compte tenu donc, du nombre de bouteilles de Ricard ou de Pastis, ou de litres de bière engloutis par bon nombre d'entre nous, et du nombre de paquets de clopes grillés durant toutes ces nuits de travail (tout cela durant plusieurs années)... Je vous laisse imaginer le "nombre" de "survivants" possible de cette époque 1967/1976... (même déjà parmi les 65/75 ans d'aujourd'hui, qui sont de ma génération)...
Du Transit, ceux dont je me souviens le plus, c'est de Lovisat (le pupille de la Nation, celui dont tout le monde se foutait de sa gueule parce qu'il paraissait "un peu simplet sur les bords" ; Mouls, Pierre, Cave, Théron entre autres...
Et de l'Avion (UF) Kakou, N'go, Charlie, Adraste, Euzéby, Filali, entre autres...
Et les chefs : Eichmann (surnom) et Casteilla (inspecteur central originaire de l'Aude)... entre autres... De ces personnes là, dont je viens de dire les noms, j'en parlerai plus en détail et je raconterai 2 ou 3 anecdotes (à suivre donc)...
Bon c'est vrai, des "Ricard et des Pastis", des "Gauloises" sans filtre -ou des sèches roulées- je m'en suis enfilé aussi pas mal... peut-être "un peu moins que la moyenne" (rire)... Mais bon sang, qu'est-ce qu'on bouffait comme poussière, et puis, c'étaient chaque fois, des "nuits historiques" comme on disait... "On n'était pas payés bien cher mais on rigolait" ... Les chefs étaient vache, surtout "Eichmann"... Et le boulot dur/dur ! Surtout à la "répart'" (la table où les sacs s'ouvraient et se déversaient, on était 4 autour avec dix quinze corbeilles en fer pleines à ras bord en 10 minutes)...

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