De la relation avec le voisinage...

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

De la relation avec le voisinage...

Message par Yugcib le Mar 11 Avr - 7:09

... L'on entend souvent dire -et "à juste titre d'ailleurs"- "les gens ne se voient plus, ne se parlent plus, s'ignorent, demeurent l'un à côté de l'autre, une clôture d'un mètre vingt à peine et en grillage les sépare, et ils ne se connaissent pas, ne se disent même pas bonjour"!
Mais j'observe que, lorsque les gens se connaissent, étant voisins, se disant bonjour, se donnant des nouvelles ; les uns, autant que les autres, ne se préoccupent jamais du fait de l'opportunité du moment de l'échange, si l'autre justement, a envie oui ou non, de passer "trois heures" à discuter de ceci de cela, debout, derrière la clôture... Ce que je vois, souvent, c'est que l'un ou l'autre (en fait l'un ET l'autre) n'ont pas entre eux cette sorte "d'entente tacite et commune" qui fait que, en l'occurrence, à "ce moment là précisément", un "simple bonjour" ou "trois mots échangés" suffiraient...
Ainsi lorsque ton voisin était depuis huit mois parti, qu'il revient un beau soir, comme ça, un soit d'été d'encore grand soleil où tu avais prévu de t'installer pour un casse-croûte sur ton banc (les fenêtres de la maison du voisin sont ouvertes et à cinq mètres de ton banc)... Tu te dis (tu "peux te dire") : "bon sang, j'ai envie d'être tranquille comme je l'étais hier et avant hier, et j'ai pas envie du tout de devoir discuter "trois heures" de ceci de cela, avec le Antonio qui revient de son Portugal", et "au bout du compte", tu restes à l'intérieur de ta maison, une fenêtre ouverte qui donne sur ton jardin mais pas du côté de la maison de l'Antonio...
... Autre situation (entre autres) :
Tu reviens de courses, plein de choses à ranger, tu sors de ta bagnole, t'as envie de pipi, tu fais fissa pour ouvrir la porte de ta maison, avec au bout du bras un sac de commissions... Et merde, juste à ce moment là, v'là que le voisin il se pointe dans son jardin, qu'il te voit et qu'il t'interpelle, et au lieu de te dire un simple bonjour v'là qu'il commence à embrayer "patates salades le temps pourri qu'il a fait avant hier le monde va mal, ah ces politiques etc." Moi, honnêtement j'vais vous dire : dans ce cas je dis "vous permettez, deux minutes, je reviens tout à l'heure"! (à la limite je propose un rendez vous tel matin telle heure, surtout si on s'est pas vu pendant huit mois)...
Ou encore : tu reviens d'un séjour de vacances, il est huit heures du soir, il fait encore bien jour, tu commences à ouvrir ton coffre de toit pour sortir des affaires, ton vélo est encore accroché au porte vélo... Et v'là l'voisin qui se radine, "eh bonjour comment ça va" puis patates salades la politique le temps qu'il a fait tout va mal, et que j'te rembraye et ça dure "trois heures"... Merde, t'es crevé, tu t'es farci mille bornes, "patates salades" t'en a rien à foutre!
J'ai connu un jour un type, un Nord Africain très porté sur la tchatche, le contact humain, la relation, la convivialité, l'accueil etc. ... Vraiment un "type bien" tous points de vue... Il me disait "moi vous savez, même quand j'ai quelquechose sur le feu, même quand j'ai un truc hyper urgent à faire, à n'importe quelle heure s'il vient quelqu'un me voir, je fais passer l'accueil de l'autre avant toute chose, je laisse tomber sur le champ, en l'état que c'est, tout ce que je faisais avant qu'il, qu'elle arrive"...
Bon, moi, je partage pas "tout à fait" on va dire, cette "philosophie" du contact humain, de la relation, de l'accueil, de la disponibilité.... Suis-je pour autant, un "mauvais coucheur", un "égoïste" ?
Je pense que pour l'accueil, la disponibilité, le partage, la communication, la relation... Il faut nécessairement -à mon sens- "de la circonstance adéquate", des situations bien précises qui font que c'est possible ou pas à ce moment là... Sinon ça va pas, tu subis, tu fais semblant, et "ça t'emmerde" ...
Et après, certains, enfin certains s'étonnent que tu ruses, que tu te détournes, que tu contournes, que tu passes par là plutôt que par là, pour pas voir ton voisin, lequel voisin d'ailleurs, croit que tu te fous complètement de lui, ou que tu fais le fiérot... Alors que t'as tout simplement, tout naturellement, pas envie du tout de discuter "trois heures patates salades" avec lui!
Je peux pas saquer de la part de certains, ces "leçons de morale" portant sur l'accueil, sur l'écoute de l'autre, sur tout ce qu'on entend, d'une hypocrisie à vomir de dégoût !
... C'est que (c'est ce que je dis) "patates salades le temps qu'il fait la politicaille le monde qui va mal la nouvelle bagnole d'un tel la dernière nana de tel rappeur qu'est passé à on n'est pas couché, tout ça, ça fait pas une amitié une relation un lien durable avec ton voisin"!

_________________
" Nous ne pouvons savoir! Nous sommes accablés d'un manteau d'ignorance et d'étroites chimères" [Arthur Rimbaud ]
avatar
Yugcib
Admin

Messages : 509
Date d'inscription : 05/09/2015
Age : 69
Localisation : France

Voir le profil de l'utilisateur http://yugcib.e-monsite.com/

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum