Le bateau pirate

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Le bateau pirate

Message par Yugcib le Jeu 10 Sep - 14:21

RESUME :

Face de rat, face de renégat, face de bouc, face de quoiqu'tu fasses ça casse... Ils t'ont déjà tué de leurs regards... Mais ce "bateau pirate", il vogue, il vogue sans drapeau pas même noir !



Lecture du texte intégral : le bateau pirate

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EXTRAITS :

   LA CHATTE D' YVETTE

Ça existe.
Je le sais.
Je l’ai vu.
On m’a même laissé toucher.
J’y ai bu.
C’était tellement beau que ç’en était inhumain…
Ça venait même d’au-delà de Dieu…
Et pourtant ç’a avait pris forme humaine !
Pour la chatte d’Yvette, ma voisine de Tartas, au « Cap Nègue », les mots n’ont aucune valeur… Sauf la musique des mots, peut-être.
Elle était ce soir là pelotonnée sur la plaque de la cuisinière et son dos était aussi chaud que le gros poêle chargé de bûches incandescentes…
Nous ne parlions avec elle que par des regards… Mais quels regards !
Elle voulait bien se laisser caresser mais fallait pas qu’on l’emmerde en lui tirant les pattes de devant.
Contester le système, tirer à boulets rouges sur les gosses de riche et sur la prose des intellos, dénoncer les injustices et les hypocrisies, la folie des guerres, chier sur la loi du fric et sur l’outrecuidance des apparences et des reconnaissances médiatisées, casser le vase sacré… Oui, c’est vrai : ça change pas le monde mais ça fait du bien… Disons qu’on se fait un petit plaisir.
Et si en plus ça fait rire, alors oui, c’est vraiment le pied !
Mais ça ne suffit pas pour entrer de plein pied dans cet espace de liberté que doit être celui de l’écriture…
Parce que l’écriture, c’est aussi comme une prière. La même prière que celle du vrai croyant qui parle à son créateur. En toute liberté, sans faux semblant, sans témoins admiratifs ou complaisants, pourfendeurs ou encenseurs…
Contester le monde ne suffit pas.
Il faut aussi et peut-être surtout contester son propre monde.
Le monde qu’on a en soi.
Nos certitudes.
Notre propre pensée.
Chier sur son propre système.
Parce que lorsque tu chies sur le système, tu opposes au système ton propre système… qui n’es qu’un système parmi tant d’autres et qui n’a pas plus de valeur…
La chatte d’Yvette n’a pas de système.
Elle n’a qu’un organisme.
Un métabolisme.
Elle est une entité naturelle.
Elle ne ressemble cependant à aucun autre félin de son espèce.
Les surréalistes n’ont rien inventé.
La réalité était déjà surréaliste…


APACHE  ou  PUNAISE…                

J’ai une belle âme mais je suis un apache…
Insoumis, rebelle, insolent, déraisonnable, iconoclaste, loubard de l’écriture, je crache sur le beurre d’escargot, la télé réalité, le baron Seillère et les mensonges de l’information…
Mes colères, mes réflexions et mes réactions épidermiques de petit crétin méritent bien quelques coups de pied au cul !
« Ah, putain, comme je regrette ! »… Trop tard, le mal est fait, c’est dit. L’image me tachera toujours.
Mais si tu savais l’âme que j’ai pourtant ! Dans cette enveloppe d’apache justement !
Tu t’y jetterais dedans, tout droit, en toute confiance…
Parce que cette âme là peut tout entendre, tout écouter, tout comprendre, sans jamais conspuer ni exclure…
Même si t’es un salaud, je te tends d’abord la main pour te sortir du trou, sauver ta peau, te donner à bouffer…
Mais après, si je me frite avec toi, tu vas prendre des coups !
Je suis un apache… Pire, même : une punaise.
De tous les êtres de la « création », le champion de la baise c’est bien la punaise !
Cet insecte qui pue quand on le touche passe sa vie entière à baiser, se posant sur tout ce qui lui plaît.
Entre les plis de toutes les féminités, au coin de tous les regards qui chavirent, dans la douceur de toutes les gentillesses comme au revers d’un large col de mantille… Ni vu ni connu en toute impunité, ivre de la lumière des visages, oh punaise, je baise avec mon âme !
Le plus bel endroit du monde pour la punaise que je suis, c’est le creux de ta main.
Ecrases moi si je te déplais…
Existe moi si tu as dans le creux de ta main le feu créateur ! Je peux baiser jusque dans le feu si tu m’y convies !
Tu peux aussi souffler très fort pour que je quitte le creux de ta main. Alors je volerai pour ne point tomber là où il n’y a plus rien à baiser : au pays des auras, de la reconnaissance médiatisée, de l’insolence et de la domination des apparences, dans ce pays stérile et sec comme du bois mort où l’on n’aime que « parce que »… Où l’on se cache derrière ce que l’on fait croire, ce pays des certitudes pièges, ce pays où il n’y a plus rien à baiser parce que trop recouvert de ces poussières qu’assiègent en vain mes phéromones… Je ne baise pas sur ce qui me déplaît.
Je baise avec mon âme, oui, c’est vrai…
Mais ne prends pas les vessies pour des lanternes : une fille chic, gentille, avec un joli visage, et bien habillée… ça me fait quand même quel que chose !
Fidèle à celle que j’ai choisie je n’en suis pas moins amoureux de toutes et ça, c’est dur à gérer ! Mais ça se gère !
De même que les Gaulois craignaient que le ciel ne leur tombe sur la tête, la punaise… ou l’apache que je suis, ne craint qu’une seule chose : que ses émerveillements se décolorent !
Salut, visage chic ! Merci pour ton regard même d’une seule fois alors que tu ne savais rien de moi…
Je t’ai aimé sans savoir ni pourquoi ni comment… Mais, oh ! putain, qu’est-ce que je puais !
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