Les années folles

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Les années folles

Message par Yugcib le Mar 26 Jan - 9:02

Sur France 3 le lundi 18 janvier 2016, l'on pouvait voir à 20h 50, ce documentaire intitulé "Les années folles"...
Ces "années folles" qui furent celles de 1919 à 1930... Après la fin, après les horreurs, après l'hécatombe de la 1ère guerre mondiale 1914-1918...
Il est certain que le 20ème siècle, qui, de 1900 à 1918, était encore le "prolongement" si l'on peut dire, du 19ème siècle ; a vraiment vu le jour au lendemain de la guerre de 1914-1918.
Une nouvelle carte, politique, de l'Europe et du Moyen Orient ; un mode de vie, une culture, différents de ce qu'ils avaient été avant 1914...
Ce qui m'a interpelé dans ce documentaire, fut de voir combien en réalité, dans la réalité quotidienne en fait, de millions de Français, ces "années folles" si mises en représentation et en avant" par la plupart des historiens, ne sont que le fait, que le mode de vie, que la culture d'une petite frange de la société française de l'époque...
A Paris même, déjà, la "ville lumière" dans laquelle se rendaient et séjournaient des artistes, des citoyens américains aisés et "avant-gardistes", avec ses lieux célèbres que furent Montparnasse et Montmartre, avec toute cette génération d'intellectuels, de peintres, d'écrivains, de musiciens... La "ville lumière" donc, se limitait aux quartiers de la bourgeoisie aisée, et n'était le théâtre de la vie mondaine, culturelle, artistique, festive, déjantée ; que pour une petite partie de la société française...
L'on voit bien, dans ce documentaire, ce que sont demeurés les faubourgs, la "couronne parisienne" avec ses terrains vagues, sa misère ambiante, ses maisons qui ressemblent plus à des cabanes qu'à des maisons, sans hygiène, sans électricité, et avec ses charettes tirées par des chevaux ou des ânes ; là en effet aucune automobile comme on en voyait sur la place de la Concorde ou dans la rue de Rivoli ! Et pas "d'années folles" pour tout un peuple de miséreux et de travailleurs d'usine, de paysans, d'artisans, de boutiquiers, aussi bien à Paris que partout en France...
Ce que l'on appelle historiquement parlant "la belle époque", qui couvre la période comprise entre la fin du second empire et la guerre de 1914-1918 ; n'était en fait, aussi, la "belle époque", que pour une petite partie, bourgeoise et aisée, de la société française...
Peu d'écrivains et (ou) de chroniqueurs, de journalistes et d'intellectuels de cette époque fin 19ème début 20ème ont mis en scène dans leurs livres, dans leurs écrits, ces gens si humbles et si pauvres qui n'intéressaient jamais des personnes d'un milieu relativement aisé et instruit, et qui elles, pouvaient s'offrir au moins une fois dans l'année des vacances à la mer et des voyages ; rêvaient de ces châteaux, de ces belles demeures et de ces personnages célèbres dont on parlait dans les romans...
Il en est d'ailleurs de même aujourd'hui à notre époque d'internet, des réseaux sociaux, des magazines people, des productions de séries de télévision la plupart du temps américaines où l'on voit évoluer et se mettre en scène dans des environnements, des décors fastueux de millardaires ou de gens très riches, des personnages célèbres du monde de la finance et des affaires inévitablement pris dans un tourbillon d'intrigues... Tout cela regardé, suivi en épisodes, en petites actualités, en informations toutes plus "fashionables" les unes que les autres, sur internet, sur facebook, sur l'écran de son smartphone, à la télé, par des millions de gens... Alors même que tant d'autres millions de gens vivent au quotidien à cent lieues de tous ces décors et environnements de milliardaires, d'artistes et d'intellectuels "branchés"!
Si l'instruction publique avec l'école gratuite et pour tous et obligatoire depuis 1881, était une réalité en France ; il n'en demeurait pas moins qu'au delà du certificat d'études et même à peine arrivé au "cours moyen" primaire, la grande majorité des garçons et des filles de France, à Paris et ailleurs, en ville comme à la campagne, dès l'âge de quartorze ans entraient en apprentissage et se mettaient au travail... Un travail, qui, il faut le dire, à cette époque et jusque dans les "trente glorieuses" (1950-1980) était presque toujours accessible et partout présent pour ceux qui n'avaient que leur "force de travail" à mettre en avant... Alors qu'en 2016, après des années d'études secondaires puis universitaires (et de formations diverses) c'est toute une jeunesse qui "se retrouve sur le carreau" !

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